LA PAIX INTÉRIEURE EST-ELLE UNE ABSENCE DE TOURMENTS ?

Lorsqu’on parle de paix intérieure, nous pensons d’emblée à un calme total, sans trouble ni agitation aucune. Nous pensons que c’est un chemin au bout duquel tous nos problèmes seraient éradiqués, une sorte d’idéal sans anicroche où le monde glisserait sur nous. Mais pour fuir la vie ? Car être en paix avec soi-même et les autres, est-ce sombrer dans l’indifférence et ne plus ressentir ce qui nous traverse ? Est-ce contourner ou ignorer ce qui nous est devenu insoutenable ? En somme, mettre un gros couvercle sur nos sens pour ne plus rien voir ni entendre ?

Pour certaines personnes, cette posture peut prendre les allures d’une paix illusoire, d’un leurre, surtout à une époque où l’on valorise la « positive attitude » à tout va, au risque de se couper de tout, de devenir aveugle et d’entretenir un profond déni de la réalité.

Pourtant, à l’inverse, la paix est lien et connexion avec soi-même avant tout. Elle est à mon sens l’art d’être en relation. Elle est clarté et lucidité en soi-même. Le blanc, sa couleur symbolique, n’est pas une pâleur fade et transparente. Elle est une blancheur dont l’éclat réfléchit toutes les couleurs de la vie. La paix est celle qui réconcilie, en dehors et au-dedans de soi.

Je crois qu’elle peut exister lorsqu’elle est vision claire de ce qui en nous surgit, lorsqu’elle nous inonde de sa lumière crue et nous permet de voir par-delà les tourments inévitables de la vie, sans endormissement, sans faux-semblants. Pour traverser l’existence avec autant de sincérité possible – sine cera, sans cire en latin, c’est-à-dire sans maquillage.

Et si au fond la paix intérieure était la capacité à accueillir et contempler avec confiance l’altérité et l’adversité en nous-mêmes ?

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